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SECTION DU TRAVAIL
LES FEMMES DANS LES LIEUX DE DÉCISION
Synthèse de l’avis présenté par Madame Michèle Cotta au nom de la section du travail lors de l’assemblée plénière des 19 et 20 décembre 2000.
Madame Michèle Cotta est membre du groupe des entreprises publiques et membre de la section du travail.
Madame Nicole Péry, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle a participé au débat le mardi 19 décembre 2000.
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L’accès aux lieux de décision économique et sociale participe pleinement de la question de l’égalité des chances. Et cette question n’est pas limitée au milieu de travail stricto sensu (encadrement supérieur, professions intellectuelles, direction d’entreprise). Elle s’élargit à la représentation professionnelle dans toute sa diversité : responsabilités dans les organisations professionnelles et syndicales, les ordres et conseils professionnels, participation à l’administration des organismes sociaux gérés paritairement, aux instances consultatives à caractère économique et social etc.
Dans une première partie, le rapport propose un tour d’horizon de l’égalité des chances en Europe et en France.
Cette approche comparative de l’activité féminine, de la répartition sectorielle du travail féminin et des politiques d’aide à la famille est sous-tendue par la question suivante : les conditions qui ont permis aux femmes de sortir de l’univers domestique pour investir la sphère publique du travail rémunéré peuvent-elles suffire à leur assurer une participation à la décision économique et sociale égale à celle des hommes ? Une deuxième interrogation touche à la réversibilité des acquis dans le domaine de l’égalité professionnelle entre les sexes, sous l’effet des difficultés économiques et sociales. A ce titre, les évolutions constatées sur les marchés du travail des pays nordiques et de la France montrent que l’activité féminine a été qualitativement affectée par les crises des années quatre-vingt-dix.
En Suède, l’engagement de l’Etat dans une politique d’égalité les chances n’a pu contrecarrer les effets de la récession des années quatre-vingt-dix : le chômage féminin traditionnellement faible s’est développé rapidement lorsque les services publics ont été touchés, à leur tour, par les réductions d’effectifs, révélant ainsi les dangers d’une forte concentration sectorielle de l’emploi féminin.
En France a, pendant la même période, accentué une tendance au sur-chômage des femmes alimentée par leur sur-représentation parmi les employés et les personnels de service.
L’ensemble des pays européens, même ceux qui affichent les ambitions les plus fortes dans la voie de la réduction des inégalités de genre, peine à promouvoir l’accès des femmes aux postes de responsabilité économique et social que ce soit au sein même de l’entreprise ou à sa périphérie, dans des fonctions de représentation professionnelle et syndicale. Dans les pays nordiques, les femmes ont conquis, dans le monde politique, une place qu’elle n’ont toujours pas dans la sphère économique et sociale. En France, il faut souhaiter que la dynamique créée par la mobilisation en faveur d’un égal accès des femmes et des hommes aux mandats politiques profite à d’autres domaines de la vie sociale où les déséquilibres sont encore plus profonds et les résistances au changement encore plus fortes.
Le rapport propose ensuite une analyse détaillée de l’accès des femmes aux responsabilités dans les entreprises et les administrations ainsi que leur participation aux instances de concertation et de dialogue social.
Une grande partie de cet examen repose sur l’exploitation de données originales et d’enquêtes spécialement effectuées par le Conseil économique et social. L’ensemble de ces informations illustrent l’importance du décalage entre la montée des femmes dans l’activité et leur participation encore très limitée à la direction des entreprises et des administrations et aux fonctions de représentation professionnelle et de négociation sociale.
Enfin, la dernière partie du rapport s’efforce de mettre en évidence les raisons profondes de ce relatif immobilisme ouvrant ainsi le champ des propositions développées dans l’avis.
L’orientation scolaire des filles dont la responsabilité relève conjointement des familles et du système éducatif, continue d’obéir à des stéréotypes qui limitent les chances de réussites professionnelles à l’âge adulte.
Une répartition des rôles encore très traditionnelle au sein de la famille et une organisation du travail qui demeure essentiellement masculine s’additionnent pour limiter fortement les possibilités d’évolution des femmes dans les domaines professionnel, associatif et syndical. Les contraintes temporelles pour l’encadrement se sont accrues dans les entreprises et les administrations au cours des vingt dernières années alors que les femmes peinent toujours à obtenir de leur conjoint un partage plus équilibré des tâches familiales. Les horaires très longs qui conditionnent l’exercice des responsabilités sont ainsi surtout le fait des hommes.
Dans un sondage exclusif de l’Institut CSA réalisé en septembre 2000, 61 % des femmes interrogés et 45 % des hommes estimaient qu’il était nécessaire de prendre des mesures particulières pour promouvoir davantage de femmes dans les lieux de décision et de responsabilité dans le monde du travail. Inversement 33 % des femmes et 51 % des hommes considéraient que le temps suffirait à réduire les inégalités dans ce domaine. Hommes et femmes ensemble, c’est une majorité assez nette (54 %) qui se prononce en faveur d’actions à entreprendre à court terme.
1. Valoriser l’image des femmes pour faire évoluer les mentalités
2. Entreprendre des actions positives
3. Instaurer une politique familiale plus dynamique au service de l’égalité
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L’avis a été adopté par 125 voix, contre 1 et 48 abstentions.
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Auditions effectuées par la section :